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  • Sarah Kremer

Microbiote intestinal

Mis à jour : 19 oct. 2020

Notre tube digestif abrite pas moins de 1012 à 1014 micro-organismes, soit 2 à 10 fois plus que le nombre de cellules qui constituent notre corps. Cet ensemble de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes constitue notre microbiote intestinal (ou flore intestinale).


Le rôle du microbiote est de mieux en mieux connu et les chercheurs tentent aujourd’hui de comprendre les liens entre les déséquilibres du microbiote et certaines pathologies, en particulier les maladies auto-immunes et inflammatoires.


Comprendre le rôle du microbiote intestinal


Le microbiote est l'ensemble des micro-organismes - bactéries, virus, parasites, champignons non pathogènes, qui vivent dans un environnement spécifique. Dans l'organisme, il existe différents microbiotes, au niveau de la peau, de la bouche, du vagin…


Le microbiote intestinal est le plus important d'entre eux, avec 1012 à 1014 micro-organismes : 2 à 10 fois plus que le nombre de cellules qui constituent notre corps, pour un poids de 2 kilos !


Le microbiote intestinal est principalement localisé dans l'intestin grêle et le côlon – l'acidité gastrique rendant la paroi de l'estomac quasi stérile. Il est réparti entre la lumière du tube digestif et le biofilm protecteur que forme le mucus intestinal sur sa paroi intérieure (l’épithélium intestinal).


Ainsi, le rôle du microbiote intestinal est de mieux en mieux connu. On sait désormais qu'il joue un rôle dans les fonctions digestive, métabolique, immunitaire et neurologique.


En conséquence, la dysbiose, c'est-à-dire l'altération qualitative et fonctionnelle de la flore intestinale, est une piste sérieuse pour comprendre l'origine de certaines maladies, notamment les maladies auto-immunes ou inflammatoires.


Le microbiote d'un individu se constitue dès sa naissance, au contact de la flore vaginale lors de l’accouchement et au contact des micro-organismes de l'environnement. Sous l'influence de la diversification alimentaire, de la génétique, du niveau d'hygiène, des traitements médicaux reçus et de l'environnement, la composition du microbiote intestinal va évoluer qualitativement et quantitativement pendant les premières années de vie. Ensuite, la composition du microbiote reste assez stable. Un traitement antibiotique réduit la qualité et la quantité du microbiote sur plusieurs jours à plusieurs semaines.


Les micro-organismes jouent un rôle direct dans la digestion :


  • · Ils assurent la fermentation des résidus alimentaires non digestibles

  • · Ils facilitent l'assimilation des nutriments

  • · Ils participent à la synthèse de certaines vitamines (vitamine K, B12, B8)

  • · Ils régulent l’ absorption des acides gras, du calcium, du magnésium...

L'inflammation est un élément important, étroitement lié à l'immunité : il existe des réactions inflammatoires déclenchées par la présence d'espèces pathogènes et des antigènes provoquent une réaction immunitaire qui déclenche une inflammation et augmente la perméabilité de la paroi intestinale.


Les maladies intestinales chroniques inflammatoires (MICI), comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, sont liées à une activation inappropriée du système immunitaire dans l’intestin.


Ainsi, une augmentation des graisses dans l'alimentation augmente la proportion des bactéries à Gram négatif pro inflammatoires qui favorisent la résistance à l’insuline préalable au diabète et à l'obésité.


L'idée est aujourd'hui de développer des stratégies personnalisées, dans lesquels l'apport de prébiotiques, probiotiques ou symbiotiques est adapté aux spécificités individuelles du patient. A plus long terme, des traitements préventifs pourraient être développés afin de prévenir la survenue de ces maladies.


Dans le domaine du cancer, le microbiote intervient à deux niveaux :


  • Certaines tumeurs sont liées à la présence de micro-organismes précis, et d'une dysbiose au niveau intestinal. Un déséquilibre du microbiote en faveur de certaines espèces augmenterait le risque de cancer colorectal

  • la présence d'Helicobacter pylori favorise la survenue de cancer gastrique.

Le système nerveux qui régit l'intestin contient à lui seul 200 millions de neurones. Sa fonction première est d'assurer la motricité intestinale ; cependant, 80% de ces cellules nerveuses sont véhiculent l'information dans le sens intestin-cerveau. C'est la raison pour laquelle on qualifie le système nerveux entérique de deuxième cerveau. Les chercheurs ont très tôt posé l'hypothèse qu'une modification du microbiote pouvait modifier l'information transmise au système nerveux central.


Le rôle du microbiote est évoqué dans de nombreuses maladies neuropsychiatriques : l'autisme, la schizophrénie, l'anxiété et la dépression ou les troubles bipolaires.


Dernièrement, des études ont suggéré que le microbiote pouvait avoir un rôle déterminant dans les maladies neurodégénératives : il serait impliqué dans l'inflammation cérébrale de la maladie d'Alzheimer. La gravité des symptômes parkinsoniens est aussi corrélée à la concentration d'une espèce particulière (Entérobactericeae).


Les perspectives thérapeutiques sont nombreuses : des études préliminaires ont montré que l'administration de certains probiotiques permettait d'améliorer les symptômes d'anxiété ou de dépression chez des personnes malades comme chez des personnes saines ; d'autres ont montré que l'adaptation du régime alimentaire pouvait améliorer le déclin cognitif.


Thérapeutique : modifier la composition du microbiote

  • Une alimentation favorisant le développement des bactéries bénéfiques pour le système digestif.

  • L’apport de probiotiques,

  • L’apport de prébiotiques (fibres solubles et insolubles)

  • Les symbiotiques, qui combinent pré et probiotiques.

Extrait d’un article de l’INSERM sur le microbiote

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